CONI'FER

La meule à charbon

Un spectacle étonnant pour la production d'un charbon de bois artisanal d'une grande qualité

La meule à charbon de bois du CONI'FER

Chaque année au mois d' Août, le CONI'FER propose aux voyageurs à Fontaine Ronde un spectacle étonnant: la lente combustion du bois à l'intérieur d'une meule qui, une fois démontée, va produire un charbon de bois artisanal d'une grande qualité.

La maquette ci-contre montre la complexité de l'opération et le soin méticuleux qu'il convient d'apporter au montage de la meule. En effet, pendant une dizaine de jours, le bois doit lentement se consumer sans jamais s'enflammer. Cette lente combustion nécessite, durant toute sa durée, une surveillance permanente, de jour comme de nuit.
Le responsable de cette meule, Henri GEISSBUHLER, ne la quitte pratiquement jamais des yeux.
Pour faire une meule de charbon, il faut en priorité choisir un bon emplacement.
Il doit être d'un accès facile, abrité des courants d'air pour obtenir une carbonisation régulière et sans perte. Pas de cailloux au sol pour éviter le mélange avec le charbon.
Attention aux galeries de taupes car l'apport d'oxygène rend le contrôle de la combustion très difficile.
L'emplacement doit être protégé des eaux de surface qui peuvent s'accumuler dans la meule, ce qui gêne la carbonisation.
Les marais, ainsi que les terrains renfermant des eaux souterraines, ne conviennent pas du fait que l'eau remonte par capillarité lors de la carbonisation.

L'allumage de la meule

On voit sur cette photo Henri qui a allumé un feu à coté de la meule, pour obtenir des braises. Celles ci sont ensuite versées dans le cheminée, dans laquelle il ajoute régulièrement des bûches de bois.
Après trois heures, la meule est bien allumée. A ce moment, on complète le cheminée avec des bûches, puis on la ferme avec un couvercle métallique ou des quartiers de bois recouverts de poussiers (couche de terre).

Le nourissage de la meule

Cette opération a pour but de monter suffisamment la température, pour que la carbonisation se fasse.
Pendant les deux  premiers jours, on nourrit la meule toutes les deux heures, ceci jusqu'à ce que l'on ne puisse plus mettre de bûches dans la cheminée.
Pour nourrir, on enlève le couvercle ou les quartiers, en faisant très attention à ce que du poussier ne tombe pas dans la cheminée.
Ensuite, on tasse les braises et les bûches se trouvant dans la cheminée, avec une perche ou une barre métallique. Lorsque tout est bien tassé, on remplit complètement la cheminée avec des bûches, et l'on remet le couvercle pour terminer.
Pendant cette opération, il faut être attentif aux retours de flammes provoqués par l'apport d'oxygène et l'accumulation de gaz.

La carbonisation de la meule

Temps de carbonisation

Le temps de carbonisation est d'environ huit jours pour une meule de 15 à 30 stères de bois. Il peut être variable selon l'humidité du bois, l'essence employée, la grosseur  des morceaux ou les variations climatiques.

Les trous de forage.

Henri perce des trous avec une barre à mine ou un bâton très pointu à la base de la meule, juste au-dessous des bûches qui retiennent le poussier. Ces trous sont espacés d'environ 40 cm et ont un dimètre de 3 à 4 cm. Ils alimenteront la meule en oxygène et seront rebouchés du côté où la carbonisation est trop rapide. Si la carbonisation est trop lente on perce des trous supplémentaires.

Les trous d'évacuation.

Aux 2/3 de la hauteur de la meule, Henri perce deux rangées de trous, en quinconce, espacés d'environ 30 centimètres. Ces trous seront bouchés et reportés plus bas au fur et à mesure de la carbonisation.
Au début, la fumée est blanche, car elle contient une grande quantité d'eau .Elle passe ensuite de la couleur blanche au bleu. Lorqu'elle devient transparente, cela signifie que la carbonisation est terminée.

 L'ouverture de la meule

Cette opération se fait de nuit, pour voir les braises plus facilement et éviter ainsi que le charbon ne brûle 
Le temps joue aussi un rôle et en cas de pluie ou de fort vent, il faut repousser l'ouverture.
On enlève d'abord une bande de poussier et ensuite on extrait une épaisseur de charbon avec un croc.
Pour que la meule ne prenne pas feu, on recouvre cette bande en découvrant la suivante et ainsi de suite en spirale jusqu'au centre de la meule.
Le charbon est recueilli avec une fourche, de façon à ce que le poussier et les petits bouts de charbon tombent à terre, afin de ne conserver que la matière noble.
Ce charbon est déposé en andins autour de la meule pour refroidir. il faut sans cesse contrôler et éteindre les braises.

Par sécurité, la mise en sacs se déroule le jour suivant, soit environ 100 kilogrammes de charbon de bois par stère de bois carbonisé.